Le cannabis,ses effets sur la santé.

Par sa lettre en date du 24 janvier 2019, le Directeur de l’Orghanisation Mondiale de la Santé requiert la non-classification de la molécule de cannhabidiol, composant essentiel du cannabis, la déclassification du cannabis du tableau IV de la Convention Unique des stupéfiants et l’intégration des préparations à base de cannabinoïdes dans le tableau III.

En des mots plus pratiques, nous vivons une étape nouvelle de la reconnaissance au niveau international des effets du cannabis. Cette évolution va permettre dans les prochains mois de simplifier les obligations du droit international en matière de production et de distribution des produits de santé issus du cannabis.

Avec ce changement de classification, le cannabis reste un stupéfiant mais les conditions de son utilisation médicale sont simplifiées. Dès lors, rien n’empêche aujourd’hui la mise en place des projets de production de cannabis communautaire que nous portons au sein de NORML France comme une réponse à la crise de la relation thérapeutique.

A l’aune de ces recommandations encourageantes de l’Organisation Mondiale de la Santé, nous adressons un message fort au gouvernement Français afin de l’inviter à imaginer pour la future expérimentation sur le cannabis médical la mise en oeuvre de projets de production plus locaux.



Le cannabis , ses effets sur la santé.

Risques de la consommation de cannabis pour la santé

Les connaissances sur le cannabis et ses impacts restent, encore à ce jour, en constante évolution. La majorité des personnes qui consomment du cannabis ne subissent pas les conséquences négatives de cet usage. Différents facteurs semblent toutefois en favoriser l’apparition chez certaines personnes.

Facteurs de risques avec Le cannabis.

Bien que des problèmes puissent apparaître à la suite d’une première consommation de cannabis, ceux qui sont liés à la santé physique et mentale surviennent surtout à la suite d’une consommation répétée pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Les accidents et blessures, quant à eux, peuvent se produire lors d’une consommation isolée ou occasionnelle de cannabis. Certains facteurs peuvent augmenter ou diminuer le risque qu’un consommateur de cannabis subisse des effets négatifs :

  • les prédispositions personnelles ou familiales à un trouble de santé mentale, par exemple la psychose ou la maladie affective bipolaire;
  • la fréquence de consommation du cannabis : une consommation dite régulière, soit au moins une fois par semaine, est souvent liée à un plus grand risque de problèmes de santé;
  • le type de produit consommé : les produits dont le contenu en THC est plus élevé pourraient être plus nuisibles; 
  • l’âge à partir duquel la personne consomme du cannabis : la consommation à l’adolescence est généralement associée à un risque accru de conséquences négatives;
  • le contexte de la consommation, par exemple :
    • lorsque le cannabis est combiné à d’autres substances comme l’alcool ou des médicaments,
    • lorsque la personne a des responsabilités personnelles telles que le travail ou la supervision d’enfants.
  • le mode de consommation : fumer un produit du cannabis semble plus risqué que d’autres modes de consommation, bien que des intoxications aux aliments qui contiennent du cannabis soient fréquentes chez les usagers inexpérimentés.

Il faut toutefois être prudent avant d’attribuer à la consommation de cannabis la cause d’une difficulté ou d’un problème de santé. Il est possible que cette difficulté ou ce problème :

  • existait déjà avant la consommation de cannabis;
  • soit la conséquence d’une consommation de cannabis;
  • soit influencé par la consommation de cannabis ou, au contraire, qu’il influence celle-ci.

En fonction de ces facteurs, il demeure difficile de prédire si une personne présentera ou non des problèmes importants après avoir consommé du cannabis. La plupart des experts s’entendent sur le faitqu’aucune consommation de cannabis n’est sécuritaire à 100 %.

Risques pour les capacités cognitives

Les risques et les conséquences négatives de la consommation de cannabis pour la santé résultent notamment de ses effets sur les capacités cognitives d’une personne, comme :

  • son jugement; 
  • son attention;
  • sa mémoire;
  • sa capacité à prendre des décisions.

Ces effets peuvent parfois avoir des répercussions sur les activités quotidiennes de la personne, par exemple :

  • la conduite d’un véhicule;
  • le travail;
  • les situations d’apprentissage;
  • d’autres situations qui impliquent des gestes ou des actions nécessitant coordination et rapidité.

Les effets d’une consommation de cannabis débutent dans les minutes qui suivent l’inhalation et un peu plus tard si le cannabis est ingéré. Ces effets se prolongent souvent sur plusieurs heures et sont habituellement réversibles. Certaines études soutiennent qu’un moins bon fonctionnement cognitif pourrait persister plus longtemps si la consommation est répétée et soutenue, surtout si l’usage commence à l’adolescence.

Risques pour la santé physique

La consommation de cannabis peut amplifier certains problèmes de santé existants, comme certaines maladies chroniques :

  • La consommation de cannabis augmente la fréquence cardiaque et peut en altérer le rythme. Elle favorise aussi la haute pression artérielle.
  • L’inhalation de la fumée de cannabis peut aggraver certaines maladies respiratoires déjà existantes et même en favoriser l’apparition.
  • La fumée produite par la combustion du cannabis contient, comme celle du tabac, plusieurs produits néfastes pour la santé, dont certains cancérigènes.
  • Les plus récentes évaluations scientifiques ne permettent toutefois pas de prouver que le risque de développer un cancer du poumon, de la gorge ou du cou est plus important chez les consommateurs de cannabis.

Risques pour la santé mentale

Symptômes psychotiques

Une personne sous l’effet du cannabis peut présenter des symptômes psychotiques tels que :

  • des hallucinations, avec des perceptions visuelles, auditives ou tactiles erronées;
  • des idées paranoïdes, qui semblent détachées de la réalité.

Dans la majorité des cas, ces expériences psychotiques sont limitées à la période où la personne est intoxiquée et cessent par elles-mêmes. D’autres personnes peuvent présenter des symptômes persistants à long terme et beaucoup plus graves. Selon les experts, l’usage de cannabis n’est pas nécessaire au développement d’un trouble psychotique, mais il peut y contribuer chez certaines personnes.

Symptômes dépressifs

Les individus qui consomment régulièrement du cannabis peuvent présenter un manque d’intérêt pour d’autres activités que la consommation (études, travail, loisirs, etc.). Ils peuvent aussi présenter dessymptômes dépressifs, par exemple :

  • une grande tristesse;
  • de la fatigue;
  • de l’irritabilité;
  • le sentiment d’être dévalorisé.

Certaines personnes atteintes de dépression pourraient être tentées de consommer du cannabis afin de soulager leurs symptômes. À ce jour, les données scientifiques n’ont pas permis de prouver que le cannabis pouvait traiter la dépression. Il n’est pas conseillé de l’utiliser à cet effet.

Anxiété

Certaines études suggèrent que les consommateurs de cannabis ressentent plus fréquemment des symptômes d’anxiété que les personnes qui ne consomment pas. Il est toutefois difficile de prévoir si le cannabis aura ou non une influence sur leur niveau d’anxiété. Certaines personnes peuvent vivre des crises de panique lorsqu’elles consomment du cannabis, alors que pour d’autres, cela procure une détente.

Consommation problématique de cannabis

La consommation de cannabis peut devenir problématique lorsqu’une personne perd le contrôle de sa consommation et en subit des conséquences négatives dans différentes sphères de sa vie. Certaines personnes peuvent devenir dépendantes du cannabis, comme c’est le cas pour d’autres substances. La personne peut alors :

  • développer une tolérance à la substance, c’est-à-dire qu’elle a besoin d’augmenter sa consommation pour ressentir le même effet;
  • présenter des symptômes de « manque » lorsqu’elle diminue ou cesse sa consommation;
  • avoir un fort désir de consommer;
  • être incapable de cesser sa consommation;
  • passer une partie importante de ses journées à se procurer ou à consommer du cannabis, ou à se remettre de sa consommation;
  • consommer de façon répétée, ce qui l’empêche de remplir ses obligations majeures au travail, à l’école ou à la maison;
  • consommer malgré des problèmes personnels ou sociaux liés à la consommation;
  • réduire ou abandonner le temps accordé à des activités sociales, professionnelles ou de loisirs à cause de sa consommation.

Environ 1 personne sur 11 qui consomme du cannabis présentera un trouble lié l’usage de ce produit au cours de son existence. Chez les adolescents, c’est 1 jeune consommateur sur 6 qui présentera une consommation problématique. L’usage et la dépendance à d’autres produits, particulièrement l’alcool et le tabac, sont rencontrés plus fréquemment chez les utilisateurs de cannabis.

Les connaissances actuelles établissent également l’existence d’un syndrome de sevrage du cannabis. Ce syndrome apparaît lorsqu’un consommateur régulier de cannabis diminue beaucoup ou cesse sa consommation. Les symptômes qu’il présente alors sont notamment :

  • l’agitation;
  • l’irritabilité;
  • des problèmes de sommeil pouvant durer plusieurs semaines après l’arrêt de la consommation.

Risques de la consommation régulière

Les risques pour la santé augmentent selon l’intensité (par exemple le nombre de jours de consommation par semaine) et la durée (par exemple, le nombre d’années) de la consommation du produit.

Risques de la combinaison avec d’autres substances

Cannabis et alcool

Lorsqu’une personne consomme de l’alcool ou une autre drogue, elle ne peut jamais être parfaitement certaine de l’effet Ce lien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre. qu’aura la substance sur elle. Toutefois, le risque d’effets néfastes sur l’organisme s’accroît lors d’une consommation simultanée d’alcool, de drogue ou de certains médicaments. Aussi, bon nombre de consommateurs réduisent ou évitent de consommer de l’alcool lorsqu’ils consomment du cannabis, car ils estiment que cannabis et alcool ne font généralement pas bon ménage.

Lorsque sa consommation combinée à l’alcool, elle affaiblit davantage la capacité de conduire un véhicule Ce lien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Cannabis et tabac

La combinaison avec le tabac est aussi à éviter. Elle peut générer des conséquences plus graves sur la santé, sans compter que le tabac est un produit qui crée une forte dépendance.

Interactions médicamenteuses 

IL pourrait influencer l’effet des médicaments que vous prenez déjà. L’inverse est aussi vrai, certains médicaments peuvent faire varier ses effets.Demandez à votre professionnel de la santé si vos médicaments interagissent avec le cannabis avant de consommer.

Risques pendant la grossesse ou l’allaitement

Le THC consommé par la mère se retrouve dans le placenta et dans le lait maternel. Toutefois, les effets à court terme ou à long terme de cette exposition sur le fœtus ou le bébé ne sont pas connus. Il est donc préférable de s’abstenir de consommer du cannabis et ses produits dérivés ou de s’exposer à sa fumée secondaire pendant la grossesse et la période d’allaitement. Si cela est difficile pour vous, parlez-en à votre professionnel de la santé.

Pour plus d’information, consultez la page Consommation d’alcool ou d’autres drogues durant la grossesse et l’allaitement Ce lien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre. du site du gouvernement du Québec.

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